BIOGRAPHIES

Je vais commencé à mettre sur mon blog une serie de bio sur des champions de longues distance dont certains ont compté dans ma vocation de runner de long distance.Chariots-de-feu-mr-bean-768x432

je commence par une bio par le coureur qui m’a amené à courir

ALAIN MIMOUN

MIMOUN

Alain Mimoun, né Ali Mimoun Ould Kacha1 le  à Maïder (arrondissement du Telagh)2 en Algérie et mort le 3 à Saint-Mandé, dans le Val-de-Marne4, est un athlète français ayant eu 32 titres de champion de France et porté à 86 reprises le maillot tricolore dans des compétitions internationales, ce qui en fait l’athlète français le plus titré. Il est devenu légendaire dans sa discipline pour avoir gagné, entre autres titres, le marathon des Jeux olympiques d’été de 1956 à Melbourne.

Il est l’aîné d’une fratrie de sept enfants issue d’une famille de modestes agriculteurs : le père d’Ali Mimoun Ould Kacha est saisonnier agricole et sa mère Halima tisse des couvertures pour gagner sa vie5. Il se destine à une carrière d’instituteur selon les vœux de sa mère. Il obtient le certificat d’études primaires avec mention « Bien », mais on lui refuse malgré tout une bourse6. Il s’engage alors dans l’armée au début de la Seconde Guerre mondiale, alors qu’il n’a pas encore 19 ans, et est envoyé sur la frontière belge. Après la débâcle, en 1940, il se livre à la pratique du sport : football, cyclisme… et enfin à la course à pied7. Son régiment étant cantonné à Bourg-en-Bresse, il assiste par hasard à une démonstration de course à pied dans le stade Louis Parant où il décide de s’entraîner8. Là, le président du club d’athlétisme local, Henry Villard, le remarque. Il participe au championnat départemental de l’Ain et remporte l’épreuve du 1 500 mètres. De retour en Algérie à Alger au 19e régiment du génie (caserne Lemercier à Hussein Dey), il est affecté à une compagnie de sapeurs démineurs. Il intègre l’équipe de cross-country de l’unité, puis combat contre l’Afrika korps lors de la campagne de Tunisie (novembre 1942 – mai 1943) sous les ordres du général Giraud. Il participe notamment à la bataille d’El Guettar dans des conditions particulièrement éprouvantes6.

Dès juillet 1943, il participe à la campagne d’Italie comme caporal dans le 83e bataillon du génie, au sein de la 3e division d’infanterie algérienne du Corps expéditionnaire français commandé par le maréchal Juin. Grièvement blessé au pied par un éclat d’obus lors de la bataille du mont Cassin le , il évite de justesse l’amputation de sa jambe gauche préconisée par les médecins américains et est soigné à l’hôpital français de Naples, qui lui évite cette épreuve, puis participe au débarquement de Provence (15 août 1944). Son bataillon y gagnera la Croix de guerre avec quatre citations. Démobilisé en 1946, il reçoit deux propositions de club, le Stade français qui lui promet un appartement à Boulogne et le Racing Club de France qui lui offre un poste de garçon de café à la Croix-Catelan. Il donne son accord au premier puis finalement signe avec le second, aussi le Stade Français le fait suspendre jusqu’en 19479. Il s’installe à la Croix-Catelan et habite un modeste deux pièces au 127, avenue Simon-Bolivar10 à Paris.

Mimoun domine nettement la course de fond en France dès 1947 et enlève cette année-là ses premiers titres de champion de France sur le 5 000 et 10 000 mètres. Il croise également le Tchèque Emil Zátopek (1922-2000), qui devient rapidement son ami, à l’occasion d’un match international à Prague le . Les oppositions Zatopek-Mimoun tournent le plus souvent à l’avantage de la « locomotive tchèque », au sommet de son art entre 1948 et 1952. Mimoun doit ainsi se contenter de trois médailles d’argent olympiques lors de cette période : sur 10 000 mètres aux JO de Londres en 1948 et sur 10 000 et 5 000 mètres aux JO d’Helsinki en 1952, chaque fois derrière Zatopek. Il en va de même aux championnats d’Europe en 1950, où il termine second derrière Zatopek sur 5 000 et 10 000 mètres.

Après les titres nationaux gagnés en 1947, Mimoun en accumule nombre d’autres : sur 5 000 mètres en 194919511952195319541955 et 1956 (record), du 10 000 mètres en 1947, 1949, 1950, 1951, 1952, 1953, 1954, 1955, 1956, en cross-country en 1950, 1951, 1952, 1954, 1956.

En 1949, il remporte le cross national organisé par la ville de Mézidon (Calvados), victoire qu’il renouvelle en 1959 en gagnant devant Abdeslam Radi.

Photo d’Alain Mimoun à l’intérieur de la Basilique Sainte-Thérèse de Lisieux.

Il est élu champion des champions français par le journal L’Équipe en 1949.

Aux Jeux méditerranéens de 1951 et de 1955, il remporte le 5 000 et le 10 000 mètres. À la date de 1956, il détenait conjointement les huit records de France des 2 miles3 miles5 000 m6 miles10 000 m15 000 m20 km et de l’heure.

Né musulman, Alain Mimoun est un fervent catholique converti en 1955 après un voyage sur les pas de sainte Thérèse de Lisieux ; le champion olympique s’est fait construire une chapelle dans le cimetière de Bugeat, en Corrèze.

C’est Alain Mimoun qui permit au grand sportif oublié Boughera El Ouafi, d’être rappelé en 1956 au souvenir des Français, lui permettant ainsi d’être réhabilité dans l’histoire du sport.

Malgré ce copieux palmarès, la presse française pensait que Mimoun n’était pas au niveau pour disputer au Tchèque Emil Zátopek la victoire lors du marathon olympique de 1956. Mais la presse ignorait alors que Zátopek avait été opéré un mois plus tôt d’une hernie et que Mimoun, après une ultime séance d’entraînement sur 30 km sur le parcours du marathon, était très affuté. Mimoun ne promit pas la victoire à son entraîneur : « Vous savez, je ne promets rien. Je ferai seulement mon possible pour aller jusqu’au bout », mais très sensible aux « signes » du destin, il était persuadé qu’il allait gagner. Les signes, souvent évoqués par Mimoun après la course, étaient multiples aux yeux du fondeur français. Il portait le dossard numéro 13. La course débuta à 15 h 13. La veille de la course, il apprend par télégramme qu’il est père d’une petite fille qu’il prénomme Olympe. Pour Mimoun, qui dispute le premier marathon de sa carrière, la victoire de 1956 devait revenir aux Français, qui l’avaient déjà emportée en 1900 et 1928 (1928 + 28 = 1956).

Le , après un faux départ, seul cas de ce type sur un marathon olympique, les quarante-cinq concurrents, représentant vingt-trois nations, s’élancent sous une chaleur accablante (36 °C à l’ombre) pour les 42,195 km du parcours. Un groupe de treize hommes se dégage après quinze kilomètres. Il n’en reste plus que cinq au passage des vingt kilomètres. L’Américain John J. Kelley (en) donne une tape dans le dos de Mimoun pour l’inviter à le suivre. Mimoun et Kelley s’appréciaient, et les deux hommes s’échappent. Après quelques minutes d’efforts intensifs de Kelley, Mimoun prend le relais, et lâche Kelley. Il se trouve seul en tête alors que la marque de mi-parcours n’est pas encore franchie. Un instant, Mimoun pense à se laisser rejoindre par ses poursuivants, puis choisit finalement de faire la course à son rythme, en profitant du tracé du parcours pour jauger l’allure de ses adversaires, qu’il croisait après avoir passé le piquet marquant la moitié du parcours. Il constate que Kelley est à la peine et quand il croise les deux Soviétiques, il prend le temps de leur faire un petit signe pour les chambrer… Exténués, ils n’ont pas la force de répondre. Il croise ensuite Zatopek, qui n’a pas sa foulée habituelle. Il comprend alors que Zatopek ne gagnera pas ce marathon.

Le dernier quart du parcours est difficile pour Mimoun qui s’insulte afin de s’obliger à poursuivre. Sa foulée devient de plus en plus courte. Il demanda à 12 kilomètres de l’arrivée où étaient situés ses poursuivants, mais personne ne lui communiqua l’information. Tout lui pesait, même le simple mouchoir blanc protégeant sa tête du soleil11. Il le jeta et fut revigoré quand il s’aperçut qu’une jeune fille blonde se précipitait pour ramasser cette relique. La foule australienne lui criait: « Very good! Very good! » mais ne lui donnait aucune indication sur l’écart avec ses poursuivants. Quand il aperçoit le mât du stade olympique, à plus de trois kilomètres de la ligne d’arrivée, il accélère la cadence. Il entre dans le Melbourne Cricket Ground à 17 h 37 sous les ovations de 120 000 spectateurs (« Cette ovation c’était comme une bombe atomique » précise-t-il) et devient ainsi champion olympique du marathon, épreuve qu’il remporte en h 25, devant le Yougoslave Franjo Mihalić et le Finlandais Veikko Karvonen12.

À l’arrivée, Mimoun se précipite vers son ami Zatopek : « Tu ne me félicites pas Emil ? ». Sixième à l’arrivée et complètement exténué, Zatopek pensait que Mihalic était le vainqueur. Son visage s’éclaira quand Mimoun lui annonça la nouvelle. Il se mit alors au garde à vous, retira sa casquette, et félicita le vainqueur : « Alain, je suis heureux pour toi »13,14. Et ils s’enlacèrent pendant de longues secondes. C’était la dernière fois que ces deux-là s’alignaient sur la même course.

À l’aéroport d’Orly, Mimoun est accueilli en héros par une foule considérable et porté en triomphe. Déjà désigné champion des champions français par le journal L’Équipe en 1949, il connaît de nouveau cet honneur en décembre 1956.

Mimoun poursuit sa domination sur le fond français en remportant d’autres titres nationaux sur 10 000 mètres en 1957, 1958 et 1959, et de cross-country en 1959.

Il remporte Sedan-Charleville en 1959 et 1960.

Malgré son âge, il tient à défendre son titre à Rome en 1960, et compte un total de 86 sélections en équipe de France A (record toujours valide).

En 1960, il initie la création de Centre d’entrainement sportif national15 de Bugeat en Corrèze (devenu l’« Espace 1000 Sources Alain Mimoun »).

En 1966, à 45 ans, il remporte son dernier titre national, sur le marathon, après ceux de 1958, 1959, 1960, 1964 et 1965 (record national, devant Fernand Kolbeck 5 titres). Au total, ce seront 32 titres nationaux et 20 records de France à son actif.

Le 25 septembre 2002 à Argenteuil, il assiste à l’inauguration du 50e stade portant son nom, dans le département du Val-d’Oise.

La ville de Vincennes lui a décerné la médaille d’honneur de la ville[réf. souhaitée].

Il a couru longtemps de dix à quinze kilomètres par jour à Champigny-sur-Marne dans le Val-de-Marne où il résidait depuis de nombreuses années. Les dernières années il se promenait dans le parc du Tremblay proche de chez lui, admiré et respecté par tous.

Admis à l’hôpital militaire Bégin à Saint-Mandé, il y meurt dans la soirée du 27 juin 20134,16. Un hommage national lui a été rendu en présence du président de la République le 8 juillet dans la cour d’honneur des Invalides17 à Paris avant des obsèques prévues le lendemain à Bugeat17 en Corrèze18.

Palmarès international19
Date Compétition Lieu Résultat Épreuve Performance
1948 Jeux olympiques Londres 2e 10 000 m 30 min 47 s 4
1950 Championnats d’Europe Bruxelles 2e 5 000 m 14 min 26 s 0
2e 10 000 m 30 min 21 s 0
1951 Jeux méditerranéens Alexandrie 1er 5 000 m 14 min 38 s 3
1er 10 000 m 31 min 07 s 9
1952 Jeux olympiques Helsinki 2e 5 000 m 14 min 07 s 4
2e 10 000 m 29 min 32 s 8
1955 Jeux méditerranéens Barcelone 1er 5 000 m 14 min 27 s 6
1er 10 000 m 30 min 23 s 6
1956 Jeux olympiques Melbourne 12e 10 000 m 30 min 18 s 0
1er Marathon 2 h 25 min 0 s
1958 Championnats d’Europe Stockholm 7e 10 000 m 29 min 30 s 6
1960 Jeux olympiques Rome 34e Marathon 2 h 31 min 20 s
  • Cross des Nations : vainqueur en individuel en 1949, 1952, 1954 et 1956 ; vainqueur par équipes en 1946, 1947, 1949, 1950, 1952, 1956.
  • Champion d’Afrique du Nord de cross-country en 1942
  • Championnats de France (piste et route) :
    • 5 000 m : 8 titres (1947, 1949, 1951, 1952, 1953, 1954, 1955 et 1956)
    • 10 000 m : 12 titres (1947, 1949, 1950, 1951, 1952, 1953, 1954, 1955, 1956, 1957, 1958 et 1959)
    • Marathon : 6 titres (1958, 1959, 1960, 1964, 1965 et 1966)
  • Championnats de France de cross-country
    • 6 titres : (1950, 1951, 1952, 1954, 1956 et 1959).
      Records personnels
      Épreuve Performance Lieu Date
      3 000 m 8 min 22 s 0 1962
      5 000 m 14 min 07 s 4 Helsinki 24 juillet 1952
      10 000 m 29 min 13 s 4 1956
      Heure 19 364 m 1956
      Marathon 2 h 25 min 0 Melbourne 1er décembre 1956

      En 2013, il est toujours le recordman de France vétérans :

      • du 5 000 m (M50) depuis 1971 en 15 min 31 s
      • du 10 000 m (M45 et M50) depuis 1966 et 1972 en 30 min 16 s 8 et 32 min 14 s
      • du 20 000 m (M40 et M45) depuis 1966 en 1 h 03 min 34 s
      • de l’heure (M45 et M50) depuis 1966 et 1971 avec 18 862 et 18 575 mètres

      Distinctions[modifier | modifier le code]

      Alain Mimoun a été décoré de la Légion d’honneur par quatre présidents :

      Alain Mimoun a aussi été félicité par la presse sportive :

      • Champion des champions de L’Équipe en 1949 et 1956
      • 1999 les lecteurs de la revue Athlétisme l’ont élu « athlète français du siècle » devant Marie-José PérecGuy Drut ou encore Michel Jazy.
      • Décembre 2012 : pour la soirée des Champions du journal l’Équipe, il a reçu le trophée de Champion des Champions de Légende.
      • À ce jour, une centaine de rues, de stades et d’écoles portent son nom21.
      • Français patriote, il a toujours été un grand admirateur du général de Gaulle, qu’il considérait comme le représentant d’une République juste et démocratique.
      • Le symbole du Coq gaulois a été utilisé pendant des années pour représenter la nation française, il est présent sur les maillots des sportifs dans les compétitions internationales. En 1997, le CNOSF décida de retirer cet emblème du logo officiel. Beaucoup de personnalités se sont élevées contre cette décision ; Mimoun fut leur porte-parole.
      • Dans les années 1950 et 1960, il était de mise, pour encourager un jeune sportif dans les compétitions, que ses camarades lui lancent : « Allez Mimoun ! ».
      • Après sa victoire en 1956, il déclara : « Je compare ma carrière à un château : ma médaille d’argent de Londres, ce sont les fondations ; mes 2 médailles d’Helsinki, ce sont les murs ; ma médaille d’or de Melbourne, c’est le toit. »
      • Alain Mimoun a une passion pour l’histoire de France perceptible dans l’aménagement de son pavillon de Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne) où l’on trouve des références au chevalier Bayard, au général de Gaulle, à Sainte-Thérèse de l’Enfant-Jésus et aux papes Jean XXIII et Jean-Paul II22.
      • Né musulman, Alain Mimoun est un fervent catholique converti en 1955 après un pèlerinage sur les pas de sainte Thérèse de Lisieux ; le champion olympique s’est fait construire une chapelle dans le cimetière de Bugeat, en Corrèze.
      • Un stade d’athlétisme porte son nom sur la commune de Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis) et un à Nîmes (Gard).
      • Un centre social, situé à Villemomble (Seine Saint Denis) porte également son nom : Centre Social Alain Mimoun.
      • L’astéroïde (41213) Mimoun, découvert par l’astronome amateur Michel Bœuf lui a été dédié.

 

 

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