À quoi pense-t-on dans le « dur » ?

Lorsque les jambes ne tiennent plus, on commence à courir avec sa tête, « au mental ». Mais que se dit-on pour continuer d’avancer ? Les méthodes sont multiples, à l’image des personnalités des coureurs.

Penser à l’arrivée 

Visualiser la ligne d’arrivée pour se motiver, à peu près tous les coureurs le font à un moment ou à un autre. Le sentiment de délivrance et de satisfaction personnelle, les félicitations et les soins des proches, c’est bien…

Mais la carotte, concrètement, c’est la médaille. La motivation principale de Jihé : « Sur un marathon, c’est un peu con mais si je souffre, je ne pense qu’à la médaille. Je me répète “va chercher ta médaille“ » Quant à Olivier, il imagine « la réaction de [ses] enfants s’il ne ne [leur] ramène pas de médaille ». Jérôme, et bien d’autres, rêvent à la photo qu’il posteront sur les réseaux sociaux avec leurs T-shirts de « finisher ».

L’autre récompense, pour Aline, c’est la bière qui l’attend après l’effort. La clope pour Arno. Et comme la Bretagne n’est jamais loin dans le cœur des coureurs, Victorien pense à un Kouign Amann, et Amélie à ses crêpes au caramel beurre salé.

Prendre du recul

Oui, c’est dur, mais personne n’a jamais dit le contraire. Certains décrivent même les longues courses à un condensé de la vie, avec des hauts et des bas. Se répéter « ça va passer, tout va bien » fonctionne pour Véronique.

Mais Grégoire, plus pragmatique, compare ses coups de mou à « un cours de maths ou de philo » « Ça dure maximum deux heures et ça va mieux ».

Anaïs se rassure dans le collectif : « Je regarde les autres coureurs qui en ont ras-le-bol comme moi, et ça me fait du bien, je me dis que je ne suis pas seule ».

Considérer sa chance

« Je pense aux amoureux de la nature partis trop tôt autour de moi, j’en chiale un coup et je me dis qu’il n’y a pas moyen, faut finir ! » raconte Samuel.

Les coureurs sont en effet nombreux à penser à un proche disparu ou malade, ou à tous ceux « qui ne peuvent en faire autant » et se disent qu’ils n’ont « pas le droit de lâcher ». Arriver au bout devient presque un devoir. Plutôt que la carotte, c’est la méthode du bâton qu’ils s’appliquent à eux-mêmes.

Les mille et une autres astuces

Fanfaronner est également un outil de motivation. Clément pense aux supportrices au bord de la route « qui seraient déçues s’il ralentissait » (c’est lui qui le dit !). Florian en rajoute une couche : « Bombe le torse et fonce, mec, t’es un champion ! ». Dans les faits, Xavier repère une nana qu’il double une, puis une autre « et ainsi de suite, on ne voit plus les kilomètres passer ». Et ce n’est pas les visages qu’il repère.

Il y en a d’autres qui s’auto-flagellent. Ainsi, Charlotte se répète : « Je suis une grosse vache, il faut que je me bouge les fesses ». Charlène dit débrancher son cerveau en se répétant « Ta gueule et cours ! » et Pasquale : « Tu n’es qu’une fiotte à l’échelle d’une vie, il y a des gens qui font la guerre, ça c’est dur, toi, là tu cours… » C’est un peu brutal quand même. Plus solennellement, Anouck récite le « Notre père ». Mais l’histoire ne dit pas si Dieu l’aide à courir plus vite.

Par Chloé Duval
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