Éloge de l’âge mûr

Récit

Comme les bourgeons au printemps, les seniors pullulent sur les épreuves d’endurance. Cette omniprésence est due à une subtile combinaison entre expérience et résilience.

Le sport est recommandé à tout âge, et il l’est presque davantage passé la cinquantaine. Notamment pour des raisons… de beauté. « On voit beaucoup de coureurs à pied qui ont pour objectif le bien-être physique et esthétique, décrypte Michel Salom, chef de service en gériatrie à l’institut Léopold Bellan et président du syndicat de gérontologie clinique. Avec l’âge le corps se transforme, à l’intérieur autant qu’à l’extérieur. Vouloir conserver une belle enveloppe, si ça permet aux gens de faire du sport, tant mieux ».

Beaucoup de ces seniors sont en fait des coureurs à pied tardifs, n’ayant pas ou peu pratiqué lors de leur vie active, ou en tout cas avant 50 ans. A l’instar de Michel Salom, 63 ans et aujourd’hui coureur régulier et performant, et qui était plutôt rugby avant d’atteindre son bel âge. « Mais bien sûr qu’on peut débuter le sport à cinquante ans ! s’exclame le médecin. Les sports individuels sont certainement plus ennuyeux mais c’est ce qui convient le mieux avec ses nouvelles capacités ».

Expérience et fibres longues : les privilèges de l’âge mûr

Avec l’âge, les sports de contact sont délaissés au profit de sports plus tranquilles, moins traumatisants au niveau des articulations et des muscles. En langage spécialisé, cela donne : « L’âge entraîne des modifications physiques, il y a une modification de la capacité du cœur à l’effort et une diminution de la capacité ventilatoire, soutient le gériatre. Les muscles changent également. Les fibres musculaires rapides – liées à la contraction rapide des muscles pour des efforts comme des sauts ou de brusques accélérations – baissent. Et les fibres longues – chargées de l’apport du muscle en oxygène avec une grande capacité de résistance à l’effort – progressent. Passés cinquante ans, on s’oriente alors vers des sports d’endurance comme la natation, le vélo ou la course à pied. »

« Faire les gros bras, ça tue »

Après 35 ans, la masse musculaire diminue. La science estime que la force maximum d’un individu est atteinte entre 20 et 30 ans. À 50, elle a diminué de 10 à 20%. Pour contrebalancer l’irrémédiable perte de muscle, de force pure, les vieux ont d’autres avantages : le temps, la précision dans l’entraînement ; autrement dit l’expérience. Une étude menée par le British journal of sport medicine (2004) sur les coureurs du marathon de New York entre 1983 et 1999 a montré que les marathoniens de 50 ans et plus ont davantage amélioré leur temps que les plus jeunes. Dans le cas des courses d’endurance, la maturité profite à la performance.

Ainsi, l’âge moyen d’un participant à une course d’endurance en France dépasse les 40 ans (41 ans pour le marathon de Paris en 2015 – 42 ans pour l’Ultra-Trail du Mont-Blanc en 2015). Et il est bien inférieur pour des distances comme le 5 000 ou le 10 000 mètres. « C’est lié aussi à une meilleure gestion de son corps, poursuit le médecin. Après un certain âge, on ne pratique plus le sport comme une compétition mais il faut rechercher le plaisir dans ce qu’on fait. Cela amène aussi les pratiquants âgés à se concentrer sur des distances comme le semi-marathon, où on gère l’effort. On n’y va pas à fond comme des bœufs. Evidemment, on ne boxe pas dans la même catégorie à 60 ans qu’à 20 ; Faire les gros bras, c’est une connerie et ça tue ! ».

Par : Jean-Romain Blanc
Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :