Est-ce que courir le matin réduit l’exposition à la pollution ?

Récit

Est-ce que courir le matin réduit l’exposition à la pollution ?

Si courir aux aurores permet de profiter d’une ville presque vide, évitant ainsi de slalomer entre les piétons, c’est aussi une bonne manière de préserver ses bronches du pic de pollution matinal.

Selon Charlotte Songeur, ingénieur chez Airparif, l’institution de contrôle de l’air parisien, les coureurs sont particulièrement exposés à la pollution de l’air, notamment aux abords du trafic routier. « C’est une forte source pour les deux principales problématiques de pollution, le dioxyde d’azote et les particules fines. En s’éloignant des grands axes, on diminue les risques. » Ces risques concernent principalement les personnes sensibles, les asthmatiques, les femmes enceintes, les personnes âgées et les enfants, pour qui toute activité sportive est d’ailleurs proscrite quand un pic de pollution pointe le bout de son nez.

L’équation ne se pose tout à fait en ces termes pour les sportifs. « On ne conseille pas aux sportifs citadins d’arrêter toute activité sportive pendant ces pics, parce que les bénéfices du sport sur le métabolisme restent plus importants que les aspects nocifs de la pollution. Par contre on incite à limiter l’intensité de l’effort : éviter le fractionné ou une distance type marathon les jours pollués » nuance Charlotte Songeur. Elle précise quand même qu’il y a aussi « une pollution chronique pour les citadins qui courent plusieurs fois par semaine, qui peut notamment provoquer des maladies cardio-vasculaires ».

3h du matin, l’heure des vrais

A défaut de pouvoir trop s’éloigner géographiquement des grands axes routiers en ville, est-il au moins possible d’éviter le pic de pollution en courant hors des heures de pointe ? « Ca dépend des villes et de la météo, mais les heures de la journée ont un impact très fort »tranche l’experte : « Pour prendre l’exemple de Paris, l’idéal en terme de qualité de l’air est vers 3/4h du matin, la pollution de la fin de journée est retombée et celle du matin pas encore installée. Mais en y allant avant 7h, on est presque sur de précéder le pic de pollution de l’heure de pointe qui est entre 7h et 9h à Paris ». Le climat et le vent rentrent aussi en ligne de compte, notamment dans la dispersion des particules fines. « Une masse d’air basse va conserver les émissions près du sol au niveau des piétons et freiner la dispersion, alors qu’une masse d’air haute favorise une dispersion plus rapide de ces particules » explique l’ingénieur d’Airparif. « Selon d’où vient le vent, il est aussi plus ou moins chargé » précise-t-elle.

Un run aux aurores est donc clairement moins exposé qu’une course du midi ou du soir. Et en cas de doute, les organismes chargés de surveiller la qualité de l’air se mettent au diapason des usages et notamment de la place qu’ont pris les smartphones dans la vie des coureurs. Airparif a développé une application (Airparif initer’air) qui, en plus des notifications sur les alertes pollution, permet aussi d’évaluer en temps réel la pollution de manière très précise, notamment de comparer l’exposition d’itinéraires. Soit un outil très utile pour avoir un œil sur l’air et choisir l’horaire ou l’itinéraire de sa prochaine sortie.

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