Je rêve de courir, est-ce grave docteur ?

Que l’on court ou non dans la vraie vie, la course à pied est on ne peut plus présente dans le domaine onirique, que ce soit pour fuir ou voyager.

Nostradamus, Freud, Elizabeth Teissier… La liste des grands penseurs, astrologues de génie, psychologues pionniers ou reine des horoscopes, qui se sont penché sur l’interprétation des rêves tient de la litanie. Tous ces gens, aussi illustres, aussi fins, aussi grands connaisseurs du dédale du psychisme humain soient-ils, ont été confrontés à un rêve particulièrement commun et qui ne lasse pas d’être commenté : le rêve de courir.

« Courir, c’est avancer vite dans la vie, jouir de la fonction de nos membres et du mouvement de notre corps. C’est être inscrit dans la réalité matérielle et dans le mouvement de la vie. Courir symbolise donc une capacité à se déplacer avec célérité et efficacité ». Ainsi l’explique Tristan-Frédéric Moir dans son Nouveau dictionnaire des rêves. Courir recèle tout un tas de raisons psychologiques qui sont très largement positives : ce peut être aussi bien une reconquête de l’espace par le corps qu’une façon de s’oublier dans l’effort physique, et donc de favoriser la méditation. Mais, dans les rêves, les choses se passent rarement de manière idéale.

Rêver, faire le bandit, avoir le délire

En plus du contenu du rêve, l’étymologie du mot demeure largement incertaine. Ce qu’on sait, c’est que le mot français a donné l’anglais to rove (=vagabonder, faire le bandit) et to rave(=avoir le délire). De quoi expliquer que nos rêves soient particulièrement curieux, comme celui de Lucas, 17 ans. « Ça m’arrive souvent de courir dans mes rêves, enfin j’essaie. Sans que je sois poursuivi, je ressens le besoin de courir, et je n’y arrive pas, j’avance à deux kilomètres par heure. Comme si j’étais dans le sable, ou pire ».

Ne pas réussir à courir dans ses songes est un grand classique, que Tristan Moir interprète ainsi : « L’inflexion du désir de courir se heurte à une impossibilité. Nos jambes refusent alors de nous porter. La sensation est extrêmement pénible et nous ressentons une impression d’impuissance au réveil. C’est un rêve d’angoisse type. Les causes peuvent en être multiples. Soit nous n’arrivons pas à avancer dans la vie ou à échapper à une réalité trop difficile, soit nous nous sentons impuissants face aux événements qui vont trop vite pour nous, soit nous sommes en perte d’énergie et incapables de nous diriger correctement. »

L’interprétation psychanalytique du rêve ne dit pas tout, puisque le principe même d’un rêve est d’être fantasmé. Ainsi, Montaigne a insisté sur le fait qu’un rêve pouvait combattre à la place du corps, lui permettant de se reposer pendant ces efforts qui sont une chimère. En course à pied, cela revient à dire que Kenenisa Bekele peut toujours rêver qu’il pédale dans la semoule, dans la réalité, il reste un athlète d’exception.

Gris, c’est gris

A l’inverse, quand la sensation de la réalité nous imprègne, il est possible de courir très vite, très loin pour découvrir de nouveaux horizons, permettant à Marek Halter de placer ce bon mot : « Certes, un rêve de beignet, c’est un rêve, pas un beignet. Mais un rêve de voyage, c’est déjà un voyage »« Il m’arrive de rêver que je me déplace très très rapidement, presque comme si je volais, témoigne Benoît. C’est particulièrement grisant ». D’autant plus grisant que l’explication de Tristan Moir est très favorable : « C’est le signe que nous pouvons contrôler les événements et que nous échappons à l’angoisse. Cela peut impliquer une soudaine réussite sur un plan personnel ou professionnel ».

Pris en général, les rêves de courir sont largement favorables au dormeur : impression de liberté, de jouir de l’espace libéré des contraintes physiques. Mais, en particulier, c’est un songe bien souvent accolé à une frustration, celle de courir au ralenti, de vulgairement pédaler dans la semoule. En fonction de l’allure adoptée pendant le rêve, des obstacles qui s’y rencontrent ou des personnes rencontrées, le rêve de courir accepte plusieurs interprétations bien distinctes. Néanmoins, il est quasiment certain que le running peut être une solution à ces rêves. Enfin, ça ne peut sûrement pas faire de mal…

Par : Gabriel Cnudde
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