LE PETIT DEJEUNER DES CHAMPIONS

Pour les coureurs matinaux, le petit-déjeuner est un moment à part, la transition entre course et journée de travail. Mais il y a quelques principes à respecter.

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Tous en parlent avec un sourire dans la voix et des yeux qui s’animent. Les coureurs de l’aube que nous avons interrogés s’accordent sur la place sacrée du petit-déjeuner après leur sortie. « Quand je n’ai pas les jambes, je me motive en pensant à mon petit-dej’ », raconte même Laure. Entre les injonctions au petit-déjeuner esthétique et healthy que l’on croise sur Instagram et les croyances populaires, il est parfois difficile de savoir ce qui est vraiment bon pour son corps le matin. Tentatives d’éclaircissement avecMaryse Thiebaud, nutritionniste et formatrice au CREPS de Montpellier : « En termes de nutrition, le gros défaut, c’est qu’on simplifie beaucoup » pose-t-elle. Avant de développer : « Il y a un adage populaire qui dit ‘manger comme un roi le matin, comme un prince le midi et comme un pauvre le soir’, sauf qu’il faut veiller à ce que les apports sur la journée soient réguliers. De ce point de vue-là, il vaut presque mieux ne rien manger qu’un café et des croissants ».

Pour la spécialiste, il faut avant tout respecter la physiologie de chacun. « Mon travail commence toujours par une enquête alimentaire pour cerner les spécificités, parce que certains ont de l’énergie le matin sans forcément manger ». En creux de cette individualisation du régime alimentaire, l’idée qu’il faut se méfier des modes et des injonctions trop universalistes. « J’entends pas mal parler de jeûne intermittent, de régimes paleo, il y a beaucoup d’informations sur Internet, et une certaine unification des pratiques alimentaires, alors qu’à l’origine culturellement quand on voyage on voit que le petit-déjeuner peut prendre des formes très différentes. D’autant que ces pratiques alimentaires en vogue ne correspondent pas forcément à tout le monde. » Le rôle du nutritionniste peut alors être d’aider à faire un tri, à mieux écouter son corps pour identifier ce qui convient le mieux. 

Qui court tôt ménage sa monture

Sur le petit-déjeuner du sportif, Maryse Thiebaud donne les grandes lignes : « On se lève on s’hydrate et on mange après l’effort. Eventuellement on peut partir avec une barre de céréale ou une boisson d’effort (très digeste) ». En fait, l’affaire commencerait même la veille. « Je sais que les gens essaient de partir courir plus ou moins à jeun pour aller puiser dans les masses graisseuses, sauf qu’il y a un vrai risque de méforme à long terme si on force la machine, que l’on ne respecte pas son biorythme, ou que l’on s’entraîne à jeun systématiquement avec un régime pauvre en glucides. Avoir mangé un peu de pâtes ou de riz la veille de la sortie à jeun reste une option valable pour éviter l’épuisement sans pour autant perdre le bénéfice des entraînements matinaux. »

Avant de rentrer dans le vif du sujet, la nutritionniste contextualise : « il faut imaginer qu’en course à pied, un sport d’endurance sans phases d’arrêt, la masse sanguine se concentre sur les muscles et délaisse le système digestif, donc le corps n’est pas prêt pour la digestion dès que l’on s’arrête. » Elle conseille donc d’y aller en douceur et de ne pas brusquer les choses. « Le bémol de la course le matin, c’est qu’on est souvent court en temps, alors que le corps en a besoin pour faire la transition, idéalement une petite demie-heure, pendant laquelle il est très important de se réhydrater, éventuellement avec un quart ou un demi-litre de boisson d’effort qui présente l’avantage d’être complètement digeste et qui va ressucrer et préparer le système digestif pour le petit-déjeuner. »

Et n’oublie pas la confiture

Quant au contenu du menu, enfin, la spécialiste rappelle qu’il faut éviter le trop riche en fibre (fruits) ou en oléagineux (amandes) pour ne pas irriter l’intestin, avant d’égrener les possibilités certifiées digestes: « Un porridge (flocons d’avoine trempés ou cuits dans du lait), un œuf à la coque, du pain de campagne (pas forcément complet), du jambon, une compote, ou encore un laitage ou une préparation au soja. » « Evidemment on peut aussi manger vite faite une tranche de pain de mie avec de la confiture, mais sans aucune protéines, la récupération sera moins bonne » prévient Maryse Thiebaud. Si on a le droit à la confiture, tout va bien. 

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