OU SONT LES TRAILEUSES

Alors que la course à pied sur route attire un public féminin pexels-photo-235922 toujours plus important, le trail reste un milieu essentiellement masculin. Pourtant, les femmes auraient tous les atouts pour dominer la discipline. 

Comme le chantait James Brown, « This is a man’s man’s man’s world », et la course à pied ne fait pas exception. Longtemps tenues à l’écart, les femmes rattrapent leur retard. À titre d’exemple, elles représentaient 35% des concurrents au départ du 10KM L’Equipe cette année (30% en 2014, 32% en 2015, 36% en 2016). Sur marathon, la proportion serait de 29% à l’échelle mondiale ; 26% à Paris, 41% à New York. En revanche, sur trail, et à fortiori sur ultratrail, on est bien loin du compte. Ainsi, à l’UTMB, on ne dénombrait cette année que 9,5% des 2537 partants (et 8,7% des 1686 finishers). Et si ce constat vaut surtout en Europe, les ultratraileuses américaines tournant plutôt aux environ de 25%, il n’en reste pas moins inquiétant.

Avec le temps

Ces chiffres, certains se battent pour les faire évoluer. Comme Chantal Knoepflin, adepte du long, présidente de l’ASPTT Belfort et co-organisatrice du Belfortrail. « Au sein de l’équipe , on en discute car on trouve qu’il n’y a pas suffisamment de femmes sur nos courses (de 26km avec 1200m D+ et 56km avec 3000m D+) ». Mais comment les attirer ? « Nous n’avons pas encore trouvé de solution. En revanche, nous avons adapté nos entraînements en faisant des groupes de niveaux. Il y a de plus en plus de femmes qui viennent. »

Elle le reconnaît sans mal : « Pour se préparer à de longues distances, il faut trouver le temps de s’entraîner. Les femmes en manquent souvent. » Audrey en convient aisément : « Peut-être que les femmes se libèrent moins facilement des heures voire des journées pour s’entraîner, peut-être aussi qu’il y a la pression de la société. » Même son de cloche du côté de Sophie, qui choisit « des courses qui [lui] permettent d’être présente lors des repas de famille ». Et puis il y les dérives. Les agressions de joggeuses ne sont malheureusement pas rares, et peuvent même conduire au drame, comme celui récent d’Alexia Daval.

Pantalon, amende et épicerie

Pourtant, les femmes pourraient bien régner sur la discipline. Selon une récente étude d’une équipe de chercheurs anglais, américain et canadien (Influence of sex on performance fatigability of the plantar flexors following repeated maximal dynamic shortening contractions, Amelia C. Lanning, Geoffrey A. Power, Anita D. Christie, Brian H. Dalton, 2017), les femmes seraient plus endurantes en ce qu’elles sont moins fatiguées à la fin d’un même effort. Le Dr Dalton en tire la conclusion : « si jamais un ultra-ultra marathon est créé, les femmes pourraient bien dominer. »

Juliette Blanchet pourrait bien faire partie de ce nouvelle élite. La Diagonale des fous, elle l’a courue deux fois. Deux fois où elle a terminé à la deuxième marche du podium. Son record, en 2016 : 29h26, 25en scratch sur 1688 finishers. Juliette aime les défis et « bien faire les choses ». C’est la raison pour laquelle elle ne court « que » des 100 miles pour le moment : « Je ne peux pas faire mieux pour le moment. Chaque fois que je termine un 100 miles, je sens que j’ai fait de mon mieux, que j’ai tout donné. Quand je sentirai que ce n’est plus assez, j’irai peut-être plus loin dans la distance… »  Et dans la performance ? En tout cas, un chemin est tracé.

Par Chloé Duval
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