Immersion chez ces écolo-motivés, qui vont au boulot en courant

Auteur Julie Maury 

Entre bouchons sans fin et transports en commun bondés, au bureau, certains s’y rendent à reculons. D’autres, face à ce bon vieil adage « métro, boulot, dodo », ont décidé de casser la monotonie et préfèrent le trot au métro. Et si on allait plutôt au travail en courant ?

Dans une époque où domine le dépassement de soi allié au sens de la performance, la course à pied est passée en peu d’années de « sport du dimanche » à véritable obsession nationale. Et quand il s’agit de parcourir les kilomètres qui séparent son chez soi du lieu de travail au pas de course, en jogging, sac au dos et pourquoi pas bandeau sur le front, cette pratique a un nom : le run commuting.

La première édition du festival Autonomy en est l’écho certain. Ce festival parisien de mobilité urbaine qui se tiendra du 7 au 9 octobre à la Vilette, a pour ambition d’accélérer la transition du « tout-voiture » vers des moyens de déplacement alternatifs comme les navettes électriques sans chauffeur et intelligentes, les motos, vélos et skates électriques…

« Le souci avec ces nouveaux moyens de locomotion, c’est qu’ils coûtent cher. Certes, moins cher qu’une voiture mais ne pouvant totalement m’en passer, c’est un budget en plus. J’ai la chance de ne pas habiter trop loin de mon travail donc je peux y aller à pied, même en courant ! » témoigne Nathalie, institutrice de 50 ans pratiquant le run commuting depuis quelques mois. « Je ne suis pas une runneuse addict. Le run commuting me permet donc de faire du sport quotidiennement et de moins polluer l’environnement avec ma voiture.»

Si le running est pour la plupart des coureurs une préoccupation d’abord physique et synonyme de bien-être, la dimension écolo commence sérieusement à accaparer les esprits, en France comme ailleurs.

Fou de course depuis ses 15 ans, le créateur du blog Running Addict Nicolas Spiess, vit désormais au Québec et alterne toute l’année entre bike et run commuting. Démarche que lui a inspiré Joan Roch, le commuter le plus célèbre du Québec et auteur du livre Ultra ordinaire : journal d’un coureur« Pour des passionnés qui pratiquent la course à pied tous les jours, se rendre au travail en courant représente pour beaucoup une motivation avant tout écologique, en plus du bien que ça fait… car le matin, ça réveille ! »

Joshua R. Woiderski, rédacteur en chef du site The Run Commuter, vit à Atlanta et run commute depuis 2008. Sportif depuis toujours, sa vie de jeune papa était difficilement compatible avec sa passion. « Entre le boulot et les biberons, je n’avais plus le temps de courir. Je me rendais déjà au travail en vélo, mais je sentais que ce n’était pas suffisant. Un beau matin j’ai troqué les pédales pour les baskets et je n’ai plus jamais cessé de courir pour aller au bureau ! » Pour lui, les premiers bénéfices du run commuting sont physiques et mentaux. « Je me sens en pleine forme, je dors mieux et je suis moins stressé. Avec le temps, j’ai découvert que le run communting me permettait également d’être davantage en osmose avec ma ville. En plein air, on observe mieux les changements citadins qu’à travers la vitre d’une voiture. Je salue les enfants qui vont à l’école et je sais quand un nouveau restaurant va ouvrir. Et quand on se sent bien dans sa ville, on a envie de la protéger. Et le meilleur moyen de le faire, c’est peut-être d’abord de préserver la qualité de son air.»

Beaucoup de coureurs passionnés interviewés dans le cadre de cet article ne pratiquent pas pour autant le run commuting. Une distance trop longue entre la maison et le lieu de travail ainsi que l’absence de douche au bureau sont les deux raisons récurrentes.

« Au début, mes collègues me regardaient bizarrement quand j’arrivais au travail en cuissard et tout transpirant. Mais j’ai ignoré ces regards et graduellement, d’autres collègues, en voyant les bienfaits de la course sur mon physique et mon moral, s’y sont mis à leur tour», raconte Joan Roch. «Évidemment, une logistique bien ficelée est à prévoir. Du sac à dos confortable pour courir aux vêtements de rechange. s’il n’y a pas de douche au bureau, une rapide toilette au lavabo et du déodorant font l’affaire, même si ce n’est pas l’idéal. Au début on oublie parfois certains habits ou chaussures de rechange. C’est à force d’expérience et de petits ajustements que tout finit par rouler ! » explique Nicolas Spiess.

Pour nos run commuters, la course va probablement se démocratiser, à l’instar du vélo. « À une époque, le vélo c’était bon pour les balades en famille le dimanche ou la compétition. Aujourd’hui, la dimension utilitaire du vélo n’est plus à démontrer, affirme Joan Roch. La course représente encore un entraînement et non un moyen de transport. Mais comme pour le vélo, ça va venir ! ».

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