Blessures débiles : les François Pignon de la course

La course à pied est une épreuve à part. Elle pousse les athlètes à la limite de leurs capacités, et finit régulièrement par provoquer des situations étranges, drôles parfois, souvent surprenantes.

Il n’est pas forcément très charitable de compiler dans une liste fastidieuse les blessures et abandons les plus bizarres survenus lors d’une course à pied. Mais il faut y voir un acte profondément humain qui permet de ne plus réitérer les mêmes erreurs encore et encore. Quelques conseils savamment distillés devraient permettre de lutter contre ces maux de coureurs.

Yohann Diniz a tout lâché

Lors des Jeux Olympiques de Rio, en 2016, Yohann Diniz fait partie des favoris du 50 km marche. Il part fort mais, sous la chaleur accablante, est victime de problèmes gastriques assez flagrants. Résultat, il se défèque dessus en pleine course. La suite est une leçon de courage. Victime de malaises persistants et désorienté, Diniz franchira finalement la ligne d’arrivée en huitième position, à six minutes du vainqueur.

La solution : du riz, beaucoup de riz.

La coupe de trop

Toujours lors des Jeux Olympiques, mais cette fois en 1908, à Londres, Charles Heffer se permet de boire une petite coupe de champagne avant la course. On parle d’un temps où les ravitaillements en course pouvaient être aussi bien des verres d’eau qu’un bon verre de vin, hein. Eh bien, pour Charles, il s’avère qu’il ne tenait pas si bien que ça le champagne puisqu’il sera victime de crampes d’estomac en fin de course et manquera de peu la médaille d’or à cause de cela.

La solution : l’abstinence.

Perte de repère

Lors de la même olympiade, le parfait inconnu Dorando Pietri parvient en tête dans le stade olympique pour quelques tours qui doivent aboutir à son triomphe. Mais rien ne se passe comme prévu. L’Italien est à bout de force et ne comprend pas le sens dans lequel il doit effectuer le tour de piste. Il tombe, se relève, change de sens, re-tombe. Pris de pitié, les officiels le soutiennent pendant les derniers mètres pour conclure la course. Cette aide lui vaudra d’être disqualifié… Après l’épreuve, il restera plusieurs jours à l’hôpital pour se remettre.

La solution : le GPS

Pour l’honneur

En 1912 cette fois, l’épreuve olympique du marathon a lieu à Stockholm sous une chaleur à se damner. Le concurrent japonais Shizo Kanakuri aborde le trentième kilomètre épuisé et s’arrête chez l’habitant, sur le bord de la route, pour prendre un verre de jus de fruit. Il est si bien installé (et si fatigué) qu’il s’endort et ne se réveille que le lendemain. Honteux, il rentre seul au pays, sans la délégation japonaise, et gagnera un surprenant « Missing » à l’endroit où devait être inscrit son temps, sur la feuille de résultat. Pour l’anecdote, il revient en 1967 à Stockholm pour conclure « le marathon le plus long de l’histoire » : 55 ans.

La solution : la caféine, la théine

Assourdissant

Plus proche de nous, il est arrivé une blessure bête en marge du 20 km de Bruxelles, en 2017. La princesse Astrid, membre éminent de la famille royale belge, doit donner le coup de feu annonçant le départ. Seulement, avec son pistolet, elle tire tout près de l’oreille du Premier ministre du plat pays, Charles Michel, qui perdra pour quelques jours toute capacité d’audition de son oreille gauche. Il renonce même à toute activité publique au Parlement le lendemain. On en a déjà parlé ici.

La solution : les boules quies

Courir dans les bois

En 1977, le footballeur norvégien Svein Grondalen rate un match international après avoir été percuté par un cerf lors d’un jogging dans la forêt.

La solution : la chasse à courre

Les anonymes ont aussi droit à la parole.

Tétons sanglants

C’est un mal récurrent observé lors des épreuves longues. Les frottements entre les tétons et maillot peuvent engendrer des irritations et parfois aller jusqu’à un saignement.

Les solutions : courir torse nu, porter des brassières ou plus simplement coller des pansements sur les tétons.

En musique

« Pendant une course, j’ai commencé à avoir mal à l’entrejambe. La douleur n’a pas été vive d’un coup. Elle se faisait sentir et était de plus en plus forte à chaque impact, mais d’un seul coté. A cause de la douleur, je m’arrête, puis repars, et bang, même chose. Je regarde et là j’ai compris : mon iPod Shuffle s’était détaché de ma ceinture et frappait mon testicule gauche à chaque foulée. Avant cet incident je ne pensais pas que je pourrais courir sans musique et maintenant je ne pourrais plus courir avec. »

La solution

La classique

Par : Jean-Romain Blanc
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