François d’Haene : « Dans la vie et le trail, il n’y a qu’un objectif »

Humble, c’est le mot qui enrobe probablement le mieux la personnalité de François d’Haene. Bien que sportif de haut niveau et détenteur de plusieurs records, le Français n’en reste pas moins humain. Pour Daunat, on lui a concocté une interview sandwich : sept thèmes, cinq choix et une seule réponse à chaque fois. Du coup, il parle du trail, de ce qui lui plait et surtout très peu de lui

Va pour la surprise ! C’est le John Muir Trail ? Je ne sais pas si on peut parler d’exploit mais le John Muir Trail est surtout une belle expérience. Ces 359 kilomètres en Californie sont avant tout une belle découverte : celle de nouveaux territoires, de nouvelles sensations. C’était aussi l’occasion de m’essayer sur un format et une distance que je n’avais jamais pratiqués. Tout l’intérêt de ce projet était la nouveauté. C’est ce qui m’attise. Et d’arriver à assouvir cette ambition, avec la manière dont je l’ai fait – grâce aux encadrants que j’avais – c’était une belle récompense. Ça m’a fait très plaisir d’être là-bas en octobre mais je ne pourrais pas classer ce record au-dessus des autres ; d’ailleurs je n’en classe aucun, je préfère me dire que j’ai fait le John Muir Trail.

Un aspect de votre sport ?

Tous ces aspects font évidemment partie de ma pratique mais il y en a qu’un seul que je souhaite mettre en avant : le plaisir. C’est l’essence même de ce que je fais. Et ça doit être le moteur de chacune des personnes qui pratique le trail aujourd’hui. Il y en aura toujours qui aimeront se faire mal mais je ne suis pas sûr que ce soit la bonne direction vers laquelle aller. Au-delà du trail, c’est surtout dans la vie de tous les jours que l’on trouve du plaisir. Même si dans les deux domaines, l’objectif est le même : faire ce dont on a envie et rendre le tout ludique. Dans le cas contraire, je pense qu’on ne peut pas perdurer dans cette discipline.

Culture et trail ça donne quoi ?

Ce qui me vient en premier à l’esprit, c’est une photo de Damien, le photographe qui faisait partie de l’aventure en Californie. Elle ne se démarque pas tellement d’une autre mais le contexte dans lequel elle a été prise lui donne tout son crédit. Car avant de prendre ce cliché, Damien a dû marcher dix heures pour faire une photo qui peut paraître banale mais qui ne l’est absolument pas. Vis-à-vis de ce que l’on a vécu intérieurement, c’est celle qui dégage le plus de vérité. Elle fait appelle à des émotions très fortes que chacun des membres présents en Californie a ressenti. Et je pense que les gens peuvent clairement s’identifier à cela.

Père d’Haene, raconte-nous une histoire

Plus qu’une rencontre, ce sont des centaines de rencontres dont je devrais parler. Elle est là la sauce ultra-trail. C’est impossible de ne retenir qu’une seule rencontre car chacune apporte une nouveauté à l’expérience. On apprend toujours de ceux à qui on parle : de nouveaux parcours, de nouveaux challenges, de plus grands rêves. Il y a une accessibilité dans le trail qui plait beaucoup aux amateurs, et qui me plait aussi, donc je me dois d’accorder du temps et de l’énergie à ces personnes qui s’intéressent.

La cuisson du sandwich ?

12 ans ! Je ne sais pas si j’ai réellement acquis un statut de professionnel mais, en effet, cela fait maintenant douze années que je me suis penché sur le trail. Depuis tous ces printemps, je pense que rien n’a changé dans ma tête. Du moins, je l’espère. J’ai appris à me connaitre et je me suis cantonné à une tendance progressiste dans mes performances. J’ai doucement gagné en expérience puis en puissance tout en conservant la même motivation.
Ce qui me réjouis le plus est de voir l’ampleur de l’engouement que suscite le trail. Ça devient une reconversion pour beaucoup de sportifs de différents horizons. Même s’il existe un léger revers car j’ai observé une poignée de personnes se mettre au trail et arrêter à cause de blessures ou d’un simple échec. Donc aujourd’hui, avec l’impact que je peux avoir, mon rôle est surtout de transmettre l’importance de connaitre son corps, de progresser à sa manière et d’arrêter de croire qu’il y a une recette miracle. Le trail est devenu quelque chose de ludique, simple et enivrant. Et il doit rester ainsi.

Vous buvez quoi avec ?

Le vin évidemment, vu que je fais mon propre Beaujolais. Le vin m’évoque une multitude de moments conviviaux. En 2012, ma femme et moi avons repris un vignoble – le domaine du Germain – parce que l’on voulait faire quelque chose ensemble qui soit en rapport avec la nature. Il y a des mois plutôt intenses et d’autres plus tranquilles mais dans l’ensemble, c’est un projet qui demande un certain investissement. Entre les traites, la vinification, les étiquettes, le site et la commercialisation, c’est assez chronophage mais on y prend plaisir.
On ne se doute pas des instants chaleureux que peut entraîner une vendange ou la simple présentation d’un vin sur une course.

Et vous le mangez à quelle occasion ?

12 juillet 1998 ? C’est la finale de football France-Brésil c’est ça ? Alors je ne suis vraiment pas foot malheureusement mais je crois que j’étais en vacances avec mes parents en camping près de la Méditerranée. Ça remonte à pas mal de temps, ce n’est pas évident de se souvenir mais ça me rappelle surtout tous les bons moments passés avec mes frères et soeurs et parents. On n’avait pas l’occasion de toujours partir tous les cinq en vacances donc c’était une attente pour chacun de nous.

 

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