Un mental de pro

Médaillé paralympique en 2016 à Rio, l’Australien Michael Roeger se targue d’une mentalité infaillible en course qui combine une éthique de travail et une pointe de légèreté. Conseils du pro pour faire face aux difficultés.

« Je suis né avec la partie inférieure de mon bras droit en moins mais j’ai toujours su rester positif et optimiste vis-à-vis des grands moments que j’ai dans ma vie. » 

Il est d’usage de dire que le running est un sport qui se joue dans la tête. Il arrive un stade où – tous les runners sont passés par là – la fatigue prend le dessus et le physique décline au profit des pensées négatives qui envahissent tout l’espace entre les deux oreilles. Pour Michael Roeger, c’est quelque chose qu’il faut tourner à son avantage. Trois fois médaillé de bronze en championnats mondiaux paralympiques, une nouvelle fois lors des Jeux Para 2016 de Rio puis recordman du monde sur 1500m et 5000m en mars dernier, l’Aussie a appris à évacuer ces ressentis pour en arriver à ce palmarès. C’est la raison pour laquelle il est considéré comme un crack dans son pays. « Pourtant, la chose la plus dure de ma vie quotidienne, c’est de couper le chapeau de la tomate » ironise le pro du demi-fond. À côté de ça, il adore « parler aux enfants, ceux sont eux les plus marrants parce qu’ils n’ont pas de filtre » s’amuse-t-il. « Ils me demandent tout le temps ce qui est arrivé à mon bras et, depuis, j’ai inventé tout un tas d’histoires alambiquées. » Une fois en prise avec un crocodile, la fois suivante chassé par un requin, il laisse son imagination répondre pour lui. C’est seulement lorsqu’on lui demande conseil pour améliorer son mental que l’athlète repend son sérieux et fais sa liste.

« Avant une course, il faut toujours suivre sa routine. Peu importe la taille de l’événement. La plupart des gens se conforte dans une routine car celle-ci est synonyme de familiarité, ce qui permet d’être moins stressé car il y a moins de facteurs inconnus. Faites comme vous avez toujours fait.

Être détendu et considérer que chaque course est une sortie du dimanche, ni plus ni moins. Car au final, que ce soit le marathon d’une grande ville ou un événement local sans chrono, la finalité est la même : vous montez les genoux et courrez vers l’arrivée.

Garder des pensées simples et ne pas trop anticiper. Il n’y a aucun intérêt à faire marcher nos méninges pour quelque chose qui n’est pas encore arrivé ; au contraire, vous en souffrez plus en l’imaginant qu’en l’abordant en vrai.

Se concentrer sur la respiration pour emmagasiner l’énergie et ne pas freiner l’effort produit. Il y a quelques années, j’étais très nerveux avant mes courses puis j’ai appris à me calmer en respirant très lentement pendant que je m’étire avec ma musique dans les oreilles.

L’entrainement, lorsqu’il est bien fait, est aussi une clé (évidemment). Au-delà de la préparation, il apporte surtout une confiance primordiale lors de votre course. Vous ne vous poserez plus la question de savoir si vous pouvez finir la course ou non. Faites confiance à vos jambes, aux kilomètres qu’elles ont avalé et surtout à celui qui les dirige.

Se parler est un bon moyen de surmonter la douleur. Peu importe son degré, elle passera forcément et là est la différence entre le bon coureur et l’excellent : la capacité à dépasser la barrière de la douleur.

Rester positif nom d’un chien. La vie est trop courte pour qu’on s’attarde sur les mauvaises choses qu’elle peut nous apporter alors mieux vaut passer au-dessus. Le running est destiné à être un plaisir, n’oubliez pas pourquoi vous le pratiquez.

Aborder le running comme une méditation. On entend souvent qu’il faut prendre conscience de ce que l’on fait en courant alors courez une fois de temps en temps sans musique, sans gadget et concentrez-vous sur la respiration, les sensations de vos muscles et les messages que vous envoie votre corps. »

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