DES SEMELLES ORTHOPÉDIQUES POUR QUI, ET POURQUOI ?

Beaucoup en glissent dans leurs chaussures. Souvent par nécessite, parfois par habitude ou par crainte de la blessure. Mais quel rôle jouent exactement les semelles orthopédiques ?

Le concept s’est développé voilà une vingtaine d’années, jusqu’à gagner peu à peu une large fraction des pelotons. Les semelles orthopédiques, ou orthèses plantaires (vous savez, ces bandes de matériau plus ou moins rigides qui épousent la forme de votre voûte plantaire, et que vous glissez dans vos baskets) font désormais partie du quotidien de nombreux coureurs. Au point qu’on ne se demande quasiment plus pourquoi elles sont là, ni si leur utilisation est vraiment adaptée à chaque cas…

Assurer l’équilibre

« Une semelle, c’est un dispositif médical, un appareillage mobile qui a pour objectif de corriger les troubles de la statique et de la dynamique », précise d’emblée Jean-Michel Samper, podologue auprès des équipes de France d’athlétisme. Aider à ne pas s’affaisser, à rester équilibré, en somme. Encore faut-il avoir diagnostiqué le problème. « Le médecin, le coach, tous les acteurs de la course à pied peuvent finalement observer un déséquilibre pendant la course, reprend Jean-Michel. Le podologue a ensuite les outils pour décortiquer ce trouble. En général, il s’agit d’une compensation entre l’avant et l’arrière du pied. Si on détaille le pied, on s’aperçoit que les os longs sont à l’arrière, alors que les os courts sont à l’avant, pour pouvoir s’adapter. Donc l’arrière, le talon, que l’on pose en premier la plupart du temps, dirige, tandis que l’avant du pied corrige. Exemple : si l’arrière pied est en pronation [avec un appui vers l’intérieur], l’avant du pied se posera en supination [appui vers l’extérieur]. »

Dans ce cas, si le pied s’adapte, pourquoi diable avoir besoin de semelles, serait-on tenté de demander ? « On en a besoin quand des douleurs apparaissent, parce que le pied ne peut justement plus s’adapter seul. Les causes peuvent être nombreuses et variables : l’augmentation brutale de la quantité d’entraînement, un changement dans sa foulée, ou une difficulté à s’adapter en prenant de l’âge. La douleur est un signal d’alarme : cela signifie qu’on a dépassé sa limite. Tout l’intérêt de la semelle est de permettre au corps de compenser à nouveau. » En lisant en creux, on comprend qu’une semelle n’est finalement pas nécessaire si on n’a pas mal – on y reviendra.

Définir sa motricité

Jean-Michel Samper pointe un autre intérêt dans la démarche, dans le fait d’aller voir un podologue – même si cela ne débouche pas sur l’utilisation d’une paire d’orthèses. « On est construits, chacun, pour courir sur le talon ou sur l’avant du pied. On parle de coureur ‘‘terrien’’ ou ‘‘aérien’’, avec plus ou moins de rebond ou d’élasticité… Il est intéressant de savoir dans quel type de motricité on se place. La semelle peut, alors, être utilisée pour ramener les gens vers leur zone de confort naturelle, ou calmer leurs ardeurs s’ils ont tendance à vouloir trop courir sur l’avant du pied, ou à passer trop de temps à s’écraser au sol, ce qui peut générer des blessures. »

Tout dépend également, ici, des objectifs de chaque coureur. Entre simple quête de plaisir ou performance, la semelle peut apporter différentes qualités de motricité ou d’amorti. « Les caractéristique de la chaussure choisie entrent également en jeu, pointe le podologue. Les semelles viendront les modifier, les compenser. En théorie, on pourrait même imaginer disposer de différentes orthèses pour une même paire de chaussures : une pour un simple footing, une autre pour la compétition, plus dynamique… »

Une option qui relève tout de même du luxe : « Encore une fois, si on n’a pas de douleur, on n’a pas besoin de semelles, prévient Jean-Michel Samper. Il ne faut pas se laisser dire le contraire. Y compris en prévention : ce n’est pas forcément le fait d’avoir les pieds plats qui amènera à avoir mal. C’est plutôt le fait de passer de trois à six entraînements par semaine trop vite. Il faut savoir faire la part des choses. En revanche, le podologue, même s’il ne fait pas de semelle, pourra dire quel type de chaussures vont être utiles en fonction des objectifs et des caractéristiques de chaque coureur. » Sachez, enfin, qu’il ne faut pas hésiter à remettre l’ouvrage sur le métier. « Les affinages et réglages après-coup sont souvent nécessaires quand on conçoit des semelles, conclue le podologue. Dans un cabinet, on ne voit jamais les gens à leur vitesse de course ou au 30e kilomètre. Les semelles doivent être réglées, car ce n’est pas une science exacte. » Pas plus que la course à pied…

Cyril Pocréaux pour J’aime courir

« On a besoin de semelles quand des douleurs apparaissent parce que le pied ne peut plus s’adapter seul. Mais les causes sont nombreuses et variables… »

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