COMMENT S’ÉQUIPER QUAND LE THERMOMÈTRE FLIRTE AVEC 0° ?

Quel coureur n’a pas regretté d’avoir eu la main trop légère ou trop leste au moment de s’habiller pour braver le froid au cœur de l’hiver ? Quelques repères avec un coureur amoureux de l’hiver et spécialiste d’équipement.

De la même manière qu’il existe des coureurs du matin et d’autres du soir, certains ont leur saison favorite. Les piqués de running qui pratiquent toute l’année peuvent être confrontés à des variations de températures importantes. Les grosses chaleurs ne sont pas anodines pour le coureur, et à l’inverse, quand le mercure dégringole et tutoie 0 degré, la pratique nécessite de petites adaptations. Notamment en ce qui concerne l’équipement. Pour creuser la question, nous avons discuté avec Jay Smith, fondateur du Paris Running Club, qui depuis 10 ans se réunit au moins une fois par semaine pour sillonner les rues de la capitale, y compris quand la pluie, le froid ou la neige sont de la partie. Ce passionné d’équipement préfère courir en hiver qu’en été et teste régulièrement de nouveaux produits. Il nous donne quelques repères sur la tenue du runner par temps froid.

Éviter le coup de chaud avant le coup de froid

« On a souvent tendance à trop s’habiller pour courir en hiver », pose Jay Smith. « Dans ces cas-là, on se retrouve à avoir trop chaud au bout de 10 minutes de course et à transpirer plus que nécessaire », poursuit-il. Là où en été, transpirer un peu plus que de raison ne s’accompagne, au pire, que de désagréments d’ordre esthétique, en hiver, l’histoire est tout autre. « La transpiration, c’est ce qui fait qu’on attrape froid et qu’on tombe malade », explique Jay. Il faut donc arriver à anticiper la montée en température du corps pendant l’effort et trouver le juste milieu. L’idée n’est évidemment pas de partir en short-tee-shirt à 5°. « Avoir non pas froid mais frais en début de séance, c’est plutôt bon signe » avance Jay Smith, « il faut juste penser à étirer un peu l’échauffement, quitte à le commencer à l’intérieur, pour éviter les risques de claquages ou de froissages ».

Connaître ses talons d’Achille

Toutes les zones du corps ne sont pas forcément aussi sensibles au froid. « Le coureur a rarement froid aux jambes, puisque ce sont les muscles qui travaillent le plus, ou alors en surface, et un legging suffit », explique Jay Smith. « Pareil pour les bras qui bougent beaucoup aussi, et qui peuvent juste être couverts par un haut manches longues, mais pour le cou, les oreilles, le visage ou les mains, c’est souvent plus compliqué ! » sourit-il. Un cache-cou ou un foulard, un bonnet, un cache oreille et des gants permettent de garder ces parties plus exposées au chaud. « Il faut aussi penser à se couvrir la bouche parce que ce n’est pas bon d’aspirer de l’air à 0°… Je mets un foulard jusque sous le nez dans ces cas-là », précise Jay Smith.

Chasser la transpiration

Le runner spécialiste d’équipement pose un autre principe : « Comme en montagne, le but c’est de transpirer le moins possible, ou alors que la sudation s’évacue très vite ». Face au froid, le premier réflexe peut être d’accumuler les couches alors que des couches moins nombreuses mais bien choisies seront plus efficaces. « En montagne il y a le principe des 3 couches qui est bien connu des randonneurs et des alpinistes : une couche contre la peau respirante et thermorégulante, une couche isolante type polaire ou doudoune et une couche coupe-vent et pluie pour protéger de l’extérieur », rappelle Jay Smith. « En running, sauf s’il pleut et qu’une couche coupe-vent respirante est utile, deux couches suffisent », poursuit-il. Une couche manche longue respirante pour permettre à la chaleur de s’évacuer (et donc de diminuer la transpiration) et une couche isolante par-dessus. Jay Smith a un faible pour les gilets en polaire, mais de nombreuses marques proposent également des doudounes sans manche pensées pour courir. L’équation du running en plein hiver est simple : isoler tout en laissant s’évaporer l’excédent de chaleur pour éviter de transpirer.

Sécuriser la foulée

« La neige n’est pas vraiment un problème. Les deux ennemis du runner en hiver, ce sont la glace et l’eau » prévient Jay Smith. Un sol verglacé ou mouillé augmente les risques de glissade et peut également sur-solliciter les articulations, alors que des pieds trempés sont plus sensibles au froid. Pour pallier à ces petits désagréments hivernaux, les fabricants ont équipé des modèles de membranes imperméables, type Gore-tex, et de semelles antidérapantes. « De plus en plus de coureurs qui pratiquent toute l’année ont deux paires, une pour l’hiver une pour l’été » raconte le fondateur du PRC.

Trouver la formule gagnante

« Il faut s’adapter par rapport à ses spécificités et sa sensibilité au froid, pour trouver la meilleure formule sans subir le marketing » conseille le runner parisien. « Les chaussettes par exemple, on va te vendre des technologies miraculeuses, mais si tu as les pieds mouillés ou au sec les chaussettes ne changeront rien » assure-t-il. Nous ne sommes pas tous égaux pour faire du sport à des températures proches de 0, et le niveau a aussi son importance : « un débutant courra peut-être sur un rythme plus lent, montera donc moins en température et aura un peu plus froid. Donc c’est important d’adapter sa tenue à sa pratique et à sa séance ». Connaître ses zones sensibles et adapter sa tenue pour garder le rythme en hiver. Vous avez la recette, à vous de jouer.

Par : Louis Ducker

DISCOVER

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s