Marathon : pourquoi le record tombe toujours à Berlin ?

Pour la septième fois depuis 2003, le record du monde du marathon est signé à Berlin. On a cherché à comprendre pourquoi avec Valentin, membre Running Heroes, qui a aussi battu son record là-bas. Il parle aussi de l’ambiance, de la bière et du paysage.

Dans le florilège des marathons internationaux, celui de Berlin attire pour ses opportunités de record. Dimanche 16 septembre, le Kenyan Eliud Kipchoge a d’ailleurs réduit la marque record sur la distance reine de 42,195 kilomètres : 2 heures, 1 minutes et 39 secondes. Et qui dit record, dit infographie.

Warum in Berlin ?

Ou « Pourquoi à Berlin ? » dans la langue de Molière. Si la capitale allemande est la scène de tous les records depuis 2003, c’est parce que son parcours présente tous les facteurs propices. « C’est tout droit et c’est tout plat » résume simplement Valentin, membre Running Heroes qui vient de torpiller son record personnel avec un temps de 2h52’56’’. Avec à peine 100 mètres de dénivelé positif, le tracé est le plus plat des grands marathons. En comparaison, celui de New-York enregistre trois fois plus de dénivelé positif (300m). Le fait d’avoir, en plus, des trajectoires rectilignes permet de conserver la vitesse de course et de ne pas avoir à « se relancer » en sortie de virage. Enfin, il est un facteur aléatoire, mais néanmoins influent, à la performance d’Eliud Kipchoge cette année : la météo. « Elle était parfaite » qualifie Valentin en s’appuyant sur les 18°C de moyenne et un vent d’à peine 9 km/h ; il ajoute : « À part quelques bourrasques, où je me suis caché derrière un grand costaud, je n’ai rien senti. » En plein mois de septembre, les conditions sont alors optimales comparées à l’hiver qui borde les dates des autres grands rendez-vous.

Berlin est donc plus facile, dans un certain sens. Avec son record à Berlin, notre trentenaire se classe au rang du diable, 888e sur presque 45 000 partants. Si l’on compare sa marque à celles des derniers marathons de Paris et de New-York, il aurait terminé 456e et 546e respectivement. « Là où on comprend que c’est une course rapide, c’est lorsqu’on voit les sas ‘’moins de 2h50’’ et ‘’moins de 2h40’’, raconte le runner, alors qu’à Paris, il n’y a qu’un sas‘’moins de 3h00’’. »

En 2014, René Auguin, agent de la fédération française d’athlétisme, soulignait la quête de record entretenue par l’organisation de Berlin : « Contrairement au marathon de Londres, qui prend énormément d’athlètes de très haut niveau, Berlin mise généralement tout sur un ou deux coureurs » avec un sponsoring conséquent qui permet de mettre ces prétendants dans les meilleurs conditions.

Alkohol frei, médaille et ligne bleue

Et autour de tout ça, il y a Berlin et ses rues indescriptibles par Valentin – car il n’a pas regardé une seule fois autour de lui – trop concentré « à suivre la ligne bleue » explique-t-il. Cette ligne, « c’est le tracé le plus court de la course, Kipchoge l’a suivie, je l’ai suivie et tout le monde essaie de s’en rapprocher le plus ». Alors à l’arrivée, c’est satisfait d’avoir démoli de plus de 4 minutes son record, mais frustré de ne pas avoir atteint son objectif de 2h50’, qu’il s’offre une bière au ravito. À cause de ses notions d’Allemand LV1 lointaine, il fait face à une nouvelle déception : « J’ai donc appris que Alkohol frei signifiait ‘’sans alcool’’ » avoue-t-il à moitié fier.

La balance penche définitivement du mauvais côté lorsqu’on lui annonce qu’il n’y a pas de t-shirt finisher. « J’aurais pu l’avoir mais il fallait le pré-commander avant la course. Ce qui est bizarre, puisque certains ont donc le t-shirt sans forcément avoir fini la course. » Alors l’esprit vagabond, il sillonne les rues berlinoises, se fait féliciter à la vue de sa médaille et encourage les coureurs encore au combat au 35e kilomètre. « Mais même là, l’ambiance n’était pas dingue, peut-être parce que les rues sont si larges qu’on ne ressent pas bien les encouragements » conclut le Bourguignon. De tous ceux qu’il a couru, Berlin n’est pas du tout son préféré. Mais peu importe, comme l’élite marathonienne et comme Eliud Kipchoge, c’est là-bas que repose son record personnel.

Par : Angela Bretzel
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