Petit lexique des encouragements du running

Ils sont clamés haut et fort sur les pistes, routes et montagnes, du badaud de passage au fidèle partenaire d’entraînement. Soyez incollables sur les encouragements dans le running, indissociables des ambiances de courses.

Les classiques

Allez allez

L’incontournable, l’universel, le passe-partout, le couteau suisse de l’encouragement. Il se décline à toutes les sauces, pour n’importe qui et n’importe quand, accompagné d’un prénom, d’un nom de club, d’un groupe ou d’un adjectif flatteur. Allez Jean-Michel, allez le stade, allez mon grand… ses déclinaisons sont infinies. Son intonation varie de discrets « allez, allez » proches du chuchotement à une émeute enragée digne de l’Alpe d’Huez sur le Tour de France.

Courage  

Pensée bienveillante du spectateur de passage qui compatit de la souffrance du coureur, tout en se questionnant sur les raisons pour lesquelles ce dernier s’inflige un tel supplice.

Au mental  

Encouragement destiné à provoquer le fameux déclic, le débranchement du cerveau lorsque le moteur est au bord de la panne sèche. Le coureur sort alors les crocs pour dépasser la douleur ou lâche prise pour finir en roue libre, la tête basse. Une chance sur deux pour convaincre.

Relance  

Remarque visant à reprendre du rythme. Utilisée à l’emporte-pièce sur une ligne droite, en côte, en virage ou en descente, son intérêt scientifique reste à prouver, les études montrant qu’elle n’est que rarement suivie d’une accélération fulgurante.

C’est super, c’est bien

L’un des compliments les plus affectueux (ou hypocrite c’est selon), que le coureur soit premier ou dernier, en train de battre son record ou d’anéantir son objectif. Au fond, qui oserait lui dire qu’il est mauvais ?

Pour l’équipe  

Souvent proférée par le coach, cette affirmation doit réveiller la culpabilité et l’esprit collectif qui sommeille en l’athlète. C’est une spécialité des clubs lors de championnats de France et d’épreuves de cross-country où le classement par équipe est un enjeu crucial.

Les conseils

Reste grand  

Conseil de grands experts improvisant un cours sur les fondamentaux. On ne sait pas trop ce que ça veut dire, mais ça fait classe. Hautement inefficace pour le coureur focalisé avant tout sur son instinct de survie. Existe aussi en version relâchement et foulée. Taux de réussite : 0,5%

Ne regrette rien

Témoignage philosophique inventé pour éviter que le coureur ne soit plongé dans d’inconsolables regrets existentiels, comme cette fois où il a raté son record pour deux secondes. S’agrémente allègrement d’un « donne-tout ! » en cerise sur le gâteau.

C’est maintenant

Encouragement se substituant à un coup de pied au derrière. Le coureur doit produire son effort pour remonter au classement ou s’offrir un honorable chrono. « C’est ton jour » s’inscrit en variante pour annoncer le futur exploit d’une carrière sportive.

Accroche mon gars

Remarque insistante du coach qui sent que son athlète va bientôt décrocher du wagon pour finir dans le ravin. Elle consiste à coller l’adversaire pour garder le rythme, comme un cycliste sucerait la roue de son prédécesseur. Une aide psychologique indéniable.

Le parcours

Allez, c’est plat là

Traduction littéraire : « T’as intérêt à accélérer ! ». Cette bonne nouvelle d’une portion sans embûches doit donner du baume au coeur et faire allonger une foulée aérienne vers de nouveaux horizons. Un coup de fouet virtuel à la fiabilité hasardeuse.

Dernière côte

C’est l’encouragement du bénévole bienveillant qui vous assure que le bout du tunnel est proche, alors qu’il reste encore 800m de dénivelé positif. Le trailer le remerciera d’abord comme le messie, puis le haïra jusqu’à la ligne d’arrivée.

C’est la fin

C’est l’heure de puiser dans les dernières ressources pour tout donner. Une indication géographique salvatrice mais piégeuse pouvant amener l’athlète à engager son sprint trop tôt, oubliant qu’il reste encore deux virages avant de franchir la ligne d’arrivée.

Hors catégorie

Pense à la bière qui t’attend

Réflexion d’un ami qui espère que la course touche à sa fin pour partager une bonne binouze et un burger. Les calories dépensées seront récupérées en quelques minutes mais son appel est trop fort pour y résister. Succès garanti à tous les coups.

Vas-y mon chouchou  

C’est l’encouragement de la honte qui pousse à se cacher dans le peloton. Si certains en sont fiers, d’autres en font encore des cauchemars. Mamie n’en a pas conscience, mais son dernier « Vas-y mon kiki » lui a fait perdre tout ce qu’il lui restait de dignité.

Auteur et photo : Rémi Blomme
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