Tu sais que tu prépares un trail à Paris quand…

Tu habites à Paris, mais tu as quand même pris ton dossard pour un trail en montagne. Pour 20 km ou 100 km, la problématique est la même : t’entraîner à faire de la distance et du dénivelé, bloqué à Paris. Et pour ça, il faut être inventif. 

A Paris, s’entrainer pour un trail, c’est au moins aussi difficile que de trouver une bonne boutique spécialisée. Mais ça, c’était avant l’ouverture du premier magasin Salomon à Paris au 129 Boulevard Saint-Germain.

– Tu as l’impression d’avoir déménagé dans le 18e arrondissement tellement tu y traînes.

– Tu sais qu’il y a 93 marches Rue du Calvaire, 107 au Passage Cottin, et 123 au Square Caulaincourt.

– Tu remarques les rires cachés des jeunes touristes scandinaves en haut des escaliers de la Rue Foyatier après avoir englouti ses 222 marches.

– Tu lis un peu d’admiration dans leurs yeux quand tu repasses une seconde fois.

– Tu as cru que tu pouvais gagner la course contre le funiculaire.

– Tu te dis qu’une troisième serait de trop.

– Dans un moment d’euphorie créative devant le Sacré-Cœur, tu t’es dit que Montmartre devrait s’appeler Montmarches. Mais tu t’es retenu de sortir la blague en société.

– La musique qui représente Montmartre pour toi n’est plus cette douce mélodie d’accordéon mais une ligne d’accords énervée de guitare électrique sursaturée.

– Tu connais désormais les rues que les touristes ne fréquentent pas.

– Une montée de Montmartre n’est jamais terminée tant que tu n’as pas eu ta pause contemplative de quelques secondes en haut des marches du Sacré-Cœur.

– Tu ressens que tu fais tâche avec ton Camelbak alors que tout le monde prend une bière en terrasse.

– Tu te demandes si tu ne devrais pas mettre de la bière dans ta poche à eau la prochaine fois.

– Tu te dis que c’était probablement l’idée la plus stupide que tu as eue durant ta prépa.

– Tu apprivoises les rues montantes de ta ville. Tu les connais même mieux que ton pote qui y habite depuis 8 ans.

– Tu sais que sur les 2 km du Metro Belleville à Télégraphe, tu prendras 70 m de dénivelé.

– Tu te dis qu’avec les odeurs insistantes de kebab, de chicha, de rôtisserie et d’épices mélangées à toutes les fumées d’échappement des démarrages en côte de camions plus vieux que toi, ça équivaut bien à 500 m de dénivelé en pleine montagne.

– Tu te prends pour Kilian Jornet en descendant la Rue des Martyrs en te répétant qu’un « trail se gagne en montée, et se perd en descente ».

– Tu sais que c’est difficile de prendre plus de dénivelé que du bas de la Rue Marcadet jusqu’à la Basilique Sacré-Cœur.

– Tu rétorques à celui qui met ton affirmation en doute que 69 m de dénivelé sur 1,3 km, il n’y a pas mieux.

– Tu n’éprouves aucune difficulté à descendre un demi en 3 gorgées après une sortie difficile.

– Tu esquisses un léger sourire narquois lorsque ton pote te dit au téléphone « désolé mais je suis au 6ème sans ascenseur ».

– Tu réalises que ça fait deux mois que tu n’es pas rentré dans un ascenseur.

– Tu remplaces les week-ends entre potes à la plage par des week-ends à la montagne, seul ou en couple.

– Le parc des Buttes-Chaumont ne t’évoque plus une once de détente, mais une tonne de souffrance.

– En rentrant dans le parc, tu t’es déjà dit que tu ne ressortiras pas tant que tu ne t’es pas pris 200 m de dénivelé positif.

– Tu estimes que finalement, 150m c’est pas mal.

– Tu as eu envie de shooter dans toutes les quilles de molkky qui traînaient à côté du kiosque à musique pour célébrer ta fin de fractionné.

– C’est déjà la quatrième fois que tu te tapes la montée du lac jusqu’au Temple de la Sybille.

– D’ailleurs, tu es le seul de tes potes à savoir que ça s’appelle le Temple de la Sybille.

– Dans le dur, tu t’es mis dans la peau d’Indiana Jones sur la passerelle suspendue.

– Tu as repris tes esprits après avoir franchi le portail des Buttes-Chaumont et t’es replacé dans ta lamentable condition de Parisien qui prépare un trail bloqué à Paris.

– Tu galères à trouver un covoiturage pour aller au circuit des 25 bosses.

– Tu notes dans ton iPhone chaque rue dont la pente dépasse les 10%.

– Tu prends l’enchaînement Rue de Ménilmontant / Rue de Belleville / Buttes-Chaumont / Montmartre comme le Grand-Chelem de la prépa trail parisienne.

– Tu as caressé l’idée de t’entraîner avec des bâtons dans Paris, puis tu as immédiatement renoncé.

– Après un bref examen de la distance et du dénivelé cumulés de ta prépa que tu compares au profil de ton trail, tu te dis : “Ça va être difficile. Très, très difficile.

– Tu marches tranquillement glace à la main, sur les Quais de Seine, et que tu te diriges de manière compulsive vers tous les escaliers que tu croises.

– Après 2h à courir dans le bois de Vincennes, tu t’es tapé un gros coup de déprime quand tu as foulé la première rue parisienne et t’es dirigé vers le premier métro pour rentrer. Alors que tu t’étais juré que ça ne t’arriverait jamais.

– Tu esquisses un léger sourire compatissant aux coureurs que tu croises qui portent un Camelbak.

– Dans le TGV, tu as l’impression de partir à la guerre.

Par : Guillaume Depasse
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