Un esprit sain dans un corps sain

Le doute n’est pas réellement à l’ordre du jour : il faudrait vivre dans une grotte depuis quelques décennies (siècles ?) pour ne pas savoir que la pratique du sport fait du bien à notre esprit.

Si cette idée est souvent associée au mode de vie nomade des premiers humains, qui passaient leurs journées à arpenter leur environnement, à l’inverse de nous autres sédentaires, encore faut-il le vérifier scientifiquement. De très nombreuses études scientifiques se sont attelées à la tâche. Et l’étendue des bienfaits identifiés donne le tournis : intelligence, bien-être, santé mentale, le spectre d’action est large.

Relax and keep running

Si vous êtes habitués à transpirer derrière un ballon ou dans vos baskets, vous l’avez probablement expérimenté. En plus de vous changer les idées pendant que vous bougez, une séance de sport continue de plus de 20 minutes est un tranquillisant naturel efficace, qui agit notamment sur le stress et l’anxiété. Il y a près de 40 ans déjà, une étude enregistrait une fréquence cardiaque et une pression artérielle plus basse après une activité physique qu’au repos, et ce pendant plusieurs heures. Soit un effet équivalent à la prise d’un anxiolytique ou à une séance de relaxation. De très nombreuses recherches, lui ont depuis emboîté le pas, allant même jusqu’à prouver que l’activité physique est l’un des moyens les plus efficaces pour prévenir et lutter contre la dépression. Le bureau américain de prévention des maladies et de promotion de la santé évaluait récemment que les personnes qui pratiquent une activité physique régulière ont 45% de risques en moins de développer des troubles dépressifs. Cette différence spectaculaire s’explique notamment grâce à la sérotonine. Les personnes dépressives ont un taux de sérotonine particulièrement bas, et le sport stimule la sécrétion de cette hormone. C’est la raison pour laquelle vous sortez de votre séance de sport de meilleure humeur qu’en y arrivant. Pour ne rien gâcher, le sport, en permettant de perdre du poids ou au moins de garder la ligne, contribue à une meilleure estime de soi et à un sentiment d’efficacité plus important. Son pouvoir de socialisation permet également de rencontrer des gens en dehors de son cercle professionnel ou social.
Sur le plan physiologique, la pratique régulière d’une activité physique s’accompagne d’effets bénéfiques plus confidentiels. Une étude italienne  récente démontre une réduction des facteurs de risques cardiovasculaires, ainsi qu’une prévention et une amélioration de la santé de patients atteints de ces maladies. Chez des personnes de plus de 50 ans, elle permet aussi d’entretenir les muscles et donc de renforcer la densité osseuse. Aussi, pour des cuisses et un col du fémur en béton armé, vous savez ce qu’il vous reste à faire.

Galbez vos mollets et vos neurones

La légende d’Alan Turing raconte que ce grand mathématicien, marathonien à la ville, a posé les bases théoriques de la « bombe » qui a décrypté Enigma, la machine à crypter des Allemands, après une séance de course à pied, allongé à l’ombre d’un arbre. Si elle est impossible à vérifier près de 80 ans plus tard, l’anecdote évoque le lien stimulant que le sport jouerait sur le cerveau. Cette intuition est renforcée par un effet ressenti par de nombreux sportifs : la circulation sanguine, stimulée par le mouvement, oxygène naturellement le cerveau et les idées sont plus claires après une bonne séance de sport. Mais depuis, les recherches sont venues en soutien de ces impressions et ont déniché des effets sur le cerveau.

Depuis plus de 20 ans, une étude californienne a démontrée  que l’activité physique facilite l’apprentissage, grâce à la production d’une protéine au nom barbare (« facteur neurotrophique dérivé du cerveau ») qui stimule la création de neurones. Cette action sur les neurones intervient surtout dans l’hippocampe, la zone du cerveau où se localise la mémoire et l’orientation spatiale. En 2011, une autre équipe de chercheurs de l’université de Caroline du Sud, a démontré que l’activité physique libérait de la mitochondrie, un stimulant biologique de l’activité des cellules, dans l’ensemble des tissus cérébraux. Une étude finlandaise plus récente précisait que pour avoir l’esprit aussi affuté que ses mollets, tous les sports n’étaient pas égaux : courir longtemps à une allure modérée est plus efficace que l’entraînement à haute intensité qui a la cote chez les citadins pressés.

Les preuves que l’activité sportive apaise et stimule notre matière grise tout en nous rendant plus intelligent ne manquent pas. Encore faut-il bien choisir son activité physique pour s’y tenir régulièrement. Les bonnes résolutions de septembre ou janvier ne sont pas toujours fructueuses sur le long terme. Il s’agit de trouver le sport le plus adapté à l’équation physique/âge/niveau/intensité, et surtout une activité que l’on aura plaisir à pratiquer.

Par : Louis Ducker
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